Kate Hudson prend les traits d’une infirmière en devenir (Caroline). Pour suivre ses élans humanistes, elle décide de quitter l’hôpital dans lequel elle travaille pour s’occuper d’un petit vieux grabataire dans une maison de maître de la Nouvelle-Orléans. Entre mamie à l’ouest et papy apathique, Caroline trouve le temps de farfouiller dans le grenier qui regorge bien évidemment de secrets (dernières une porte) !

Aux manettes de La Porte des Secrets (The Skeleton Key en VO), Iain Softley (Hackers, Coeur d’Encre) à la réalisation et Ehren Kruger au scénario. Ehren Kruger, vous ne le savez peut-être pas, mais il détient une forte propension à envoyer du pâté. Au scénario du vomitif Scream 3, des (abo)minables Ring et des indigestes Transformers, tout laissait présager que la Porte des Secrets s’engouffre dans cette brèche.

Recherche idées originales. Fail.

 

Une exposition d’une lenteur assassine

Le scénario ne laisse pas présager d’une bien grande originalité, je n’ai rien contre un film reprenant les grands classiques du folklore alliant fantômes et vaudou, mais un peu de fraîcheur ne fait de mal à personne. Alors que le spectateur comprend dès les premières minutes à quelle sauce il va être mangé, le film traîne en longueur pendant une bonne moitié avant d’entrer dans le vif du sujet. Plongés dans une exposition catatonique des velléités de notre infirmière et des états de santé de nos deux vieux croulants, on se demande un peu quand le cocotier va enfin être secoué.

Grâce à de subtils indices qui pointent des dix doigts (d’un panneau lumineux et d’un crieur attitré) la suite des aventures de Caroline à la Nouvelle-Orléans est toute tracée. Récapitulons les éléments qui s’offrent à nous :

  • La situation : la Nouvelle-Orléans et son folklore local
  • Le lieu : une ancienne demeure chargée d’histoire au milieu de nulle part
  • Les objets : des photos et vinyles intriguants
  • La déco intérieure : des murs nus de tout miroir
  • Le vaudou ou hoodoo : des os, pâtes de poulet et mèches de cheveux à gogo.

… et une mamie pas très nette

Malgré tous ces symptômes récurrents des thrillers horrifiques sur fond de surnaturel, on attend l’action un bout de temps et le suspens encore plus que Godot. C’est ballot pour un film qui repose exclusivement sur la tension de ce pseudo huis-clos où la fuite semble impossible et pourtant… avouons-le, tout le monde s’en fout.

La potion magique du je-m’en-foutisme cinématographique

Cette indifférence royale envers tout ce qui se passe dans ce film n’est pas complètement gratuite. La réalisation, à elle seule, trucide le film par petites pointes de grand n’importe quoi. La grande majorité du temps, il n’y aura rien à dire sur la réal’, planplan et convenue à souhait. Mais par moment, on sent comme un relâchement « guilty pleasure » (ou simple mauvais goût) de plans caméra immondes tout droit sortis du pire des films sans budgets de 30 ans d’âge.

Côté écriture, ce n’est guère mieux, on touche rapidement le fond tellement les personnages sont creux (quand on se paye le luxe d’avoir un beau casting, c’est con de le ruiner). C’est aussi vrai pour le scénario et pour les quelques scènes d’action pétées du film : un paralysé qui bouge plutôt bien ses jambes (pratique pour s’enfuir en rampant), une course poursuite entre octogénaires et jeunette (suspens !), un cache-cache dans le noir (étonnant) et bien évidemment une gestion des ressources quasi illimitées (vous savez, comme un fusil deux coups qui tirent 25 balles d’affilées).

Ambiance romantique au grenier

La Porte de Secrets n’atteint pas une apogée du je-m’en-foutisme cinématographique, mais parsemées tout au long d’un film épuisant de lenteur on ne peut qu’apprécier ces petites pépites de chocolat qui relève un peu l’intérêt général. Après toute cette papote, je remarque que je ne vous ai pas encore parlé de la porte, cette fameuse Porte de Secrets (ou de sa clé, si on prend le titre américain The Skelton Key), et pour cause : on s’en fout aussi !

Il y a quelque chose de pourri derrière La Porte des Secrets

Iain Softley et Ehren Kruger auraient pu allez bien plus loin dans le foirage intégral de leur film. Certes, il se regarde si on prend soin de l’agrémenter avec beaucoup de coups d’oeil à ses textos, petits tours au frigo et pauses pipi. Pas de panique, vous n’en louperez pas une miette pour autant. Si le quatuor Rowlands, Hurt, Sarsgaard et Hudson peut à lui seul vous donner envie de lancer la Porte des Secrets, il ne suffira pas à vous embarquer dans l’histoire.

En bref, un film lent et bien peu palpitant dont on se fiche comme d’un téléfilm de M6 en plein été. Le seul micro intérêt que j’ai retiré de ce film, le distinguo entre vaudou (religieux) et hoodoo (non religieux) qui aurait pu être un élément bien plus intelligemment amené et mené.

 

La Porte des Secrets (2005) (The Skeleton Key)
Durée : 1h40
Réalisateur : Iain Softley
Casting : Kate Hudson, Peter Sarsgaard, Joy Briant, Gena Rowlands, John Hurt

 

La Porte des Secrets, le hoodoo avant tout [critique]
Beauté du scénario
Tête(s) d'affiche
Masterisation de la caméra
Effacacité du hoodoo
Yeah
  • Genna Rowlands
  • John Hurt
  • Kate Hudson
Pfff
  • Se réveille tardivement
  • Plans très laids
  • Personnages pourris
1.8Note Finale
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