Elle est certainement l’un des poissons le plus connu de l’océan, la Petite Sirène fait son retour sur les écran. Netflix reprend à son compte l’histoire de la rouquine aux coquillages sur fond d’adaptation du conte d’Andersen.

 

La Petite-Sirène de Netflix, de quoi ça parle ?

Le film s’ouvre sur mère castor qui narre à ses petites filles une histoire fantastique de sirène (comme ouverture plus clichée, on meurt). Les gamines ne croient pas un mot de ce que mamy radote sur ces bestioles fantastiques alors Jeanne Calmant décide d’illustrer son récit d’une nouvelle histoire, celle de Cam, Elle et Elisabeth.

Une sirène en conserve

On va se la faire courte, Cam (William Moseley, Le monde de Narnia) est l’oncle de Elle (Loreto Peralta), qui est une gamine d’une petite dizaine d’année à vue de nez. Elisabeth (Poppy Drayton, Les Chroniques de Shannara), c’est le nom de la Petite Sirène, pourquoi ? Vous pensiez que c’était Ariel ?

Mais Elle a un gros problème de santé, dès qu’elle gigote un peu trop, elle commence à cracher ses poumons, aux limites de la tuberculose. Cam n’en fini plus de lui filer son sirop à la fraise, sans beaucoup d’effet et l’oncle n’est pas loin de penser que sa nièce va bientôt lui claquer dans le doigts. Lui, dans la vie, il est journaliste. Le genre de journaliste des chats écrasés, qui lui ne semble pas être écrasé sous le travail. Il est envoyé dans un bled bordant le Mississippi pour faire un article sur les miracles d’une « eau de sirène » que l’on peut se procurer dans le cirque de la ville. 

 

La petite sirène à la foire du trône du pauvre

Pas fou, Cam y voit une double opportunité, redorer son blason de gratte papier en dévoilant ce qu’est vraiment cette Eau de Sirène. Est-elle vraiment miraculeuse, pourra-t-elle sauver sa nièce de ses affres pulmonaires ? Cam et Elizabeth sont donc du voyage pour se rendre sur place où ils découvriront une sirène dans son bocal clou du spectacle du cirque ambulant

Those suuuuummer niiiiights

Cette épopée n’a d’épique que le ridicule de son scénario. La gamine, une fois en chemin pour le cirque, se transforme en vraie pile électrique, elle court sans cesse, cavale, danse, bref, elle s’éclate comme une gamine de son âge, et cela ne lui pose aucun problème, alors que 5 minutes auparavant l’idée même de courir la mettait à l’agonie.

Adieu la gamine zombie, bonjour Marie Pierce. Il ne faut pas attendre longtemps pour voir la Petite Sirène dans son bocal, si mal costumée que sa queue de poisson semble bailler dans son dos, en plein milieu de la piste de cirque qui ressemble bien plus à un zoo humain. 

 

Magie magie, et vos idées n’ont pas d’génie

C’est un Houdini de pacotille qui utilise la sirène comme attraction principale, ce qui lui permet de vendre son élixir magique à tous les crédules du coin. Bien sûr, le magicien est loin d’être sympathique et on apprendra qu’il garde prisonnière la dame poisson en détenant quelque chose qui lui appartient (spoiler, ce n’est pas sa voix, ça aurait bien compliqué les affaires du réalisateur, alors ça sera son âme). 

C’est marée haute, retour au bocal

Comme chez Disney et bien d’autre, la Petite Sirène récupère de temps en temps l’usage de ses jambes pour fouler la terre ferme et elle tombe évidemment nez à nez avec le minet et la gamine en pleine forêt. Lui, qui ne croit pas du tout à cette histoire, ne crie pas à la supercherie plus qu’il ne confronte la nana. La gamine complètement débile (pas crédule, non, vraiment débile) n’en peut plus de s’époumoner à dire « tu vois qu’elle existe, elle est réelle » en voyant la donzelle sur deux pattes. 

La sirène explique qu’en réalité, elle est câblée sur la météo marine, à marée basse elle à deux jambes, à marée haute une queue de poisson. Super pratique pour organiser les visites au cirque ça. Sans vraiment savoir pourquoi, Cam retourne au cirque sans sa nièce, il se balade comme chez lui, personne ne lui dit rien.

On y rentre comme dans un moulin, par contre pour s’en échapper alors là faut s’être tapé tout Prison Break. Hyper logique. Au passage, il en profite pour papouiller un éléphant de plus de 2 tonnes comme s’il faisait ça tous les jours. Pendant qu’il gratouille la trompe de son nouveau pote il entend la sirène chanter son désespoir et son âme volée par le vilain magicien.

 

Ariel et Roméo sont sur un bateau…

Dis donc, il manquerait pas un peu de love dans tout ça ? Le soir venu, c’est le bal du quartier, la moitié de la ville est réunie sur un bateau à roue qui descend le Mississippi, à faire la fête et danser de tous leur saoul. Même la sirène est là, et elle danse profitant de la marée basse. La gamine aussi remue dans tous les sens sans tousser une seule fois. Un miracle est en cours, la sirène batifole avec notre Roméo, ils font un remake pourri de Titanic à la poupe du bateau, et là c’est le drame. 

Avada poissondavra !

La roue du bateau se coince et il va falloir attendre marrée haute pour repartir. Panique dans les écailles d’Elisabeth qui saute dans le mètre trente d’eau de profondeur et se barre à grands coups de nageoires. Roméo la suit, dans une apnée digne du Grand Bleu, il a depuis bien longtemps oublié que son personnage était un sceptique de base et reste tout bêta devant la donzelle qui lui raconte ses malheurs. 

Elle est prisonnière du méchant magicien qui tient le cirque qui vend l’eau dans laquelle elle nage aux pauvres crédules (potentiellement, il y a du pipi de poiscaille dans cette eau, jdcjdr). Bouhouh. Incohérence de dingue, il va falloir m’expliquer pourquoi le magicien ne se barre pas ailleurs illico presto ? Il a vendu de l’eau de sirène à trois pélos de la ville, elle ne fonctionne pas sur le long terme et mamie Jeanette pète déjà un câble en s’en rendant compte. Prenant en considération la taille du patelin et le scribouillard qui lui cherche des noises, j’aurais bien vite remballé mon homme chien, ma sirène et mon éléphant vers une autre ville plus accueillante. Mais non, Cortex reste.

 

Drame en eau douce

Nouveau drame ! L’asthmatique de gamine a disparu, Cam se sent investi d’une double mission : sauver Elle et Elisabeth d’un même élan. Heureusement pour les demoiselles, le garçon ne recule devant rien. En deux minutes, il récupère l’âme de la sirène finger in da nose et se barre avec la moitié du cirque. Sans suit une course poursuite dénuée de tout sens. Je dévoilerai pas la fin, mais elle est bien à l’image de l’intégralité du téléfilm. Après la foire aux bestiaux, La Petite Sirène fait un remake du Mississippi a un incroyable talent où sorcellerie, arrêt du temps, téléportation se donnent la réplique. Bref, rien ne nous est épargné

Bonne pêche !

Non-sens total, puisqu’avec tous ces pouvoirs la moitié du cirque aurait pu se faire la malle sans trop de soucis depuis bien longtemps, tandis que la Petite Sirène elle, ne sert toujours à rien. Sans rien dévoiler de la fin (gardons un peu de suspens quand même), vous l’aurez bien compris, La Petite Sirène version Netflix, c’est un ramassis d’immondices. Le scénario est naze et truffé d’incohérences, la réalisation insipide, les effets spéciaux (maquillage) hyper cheap, le cocktail molotov parfait pour détruire un conte.

Bref, il n’y a pas grand chose à en tirer, j’avais vraiment l’impression d’être devant un téléfilm à trois francs six sous, quand bien même l’image est bien plus jolie (vu le budget du bousin, il faut mieux a priori 5 millions de dollars). 

 

La Petite Sirène (The Little Mermaid)
Date : 2018
Durée : 1h25
Réalisateurs : Chris Bouchard, Blake Harris
Casting : Poppy Drayton, William Moseley, Loreto Peralta, Armando Gutierrez

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