Shadow Creature, de quoi ça parle ?

Shadow creature, c’est l’histoire d’une lotion miracle pour faire pousser les cheveux et d’un ersatz de monstre des marécages. A Cleveland, un horrible meurtre est découvert. L’inspecteur Brighton (Shane Minor) fait des pieds et des mains pour avoir l’enquête. Bien vite, il se retrouve nez à nez avec une grosse bestiole et comprend que les cadavres qui commencent à s’empiler ne sont pas le fruits d’un tueur humain. Que le bordel scénaristique commence.

C’est les bals des stéréotypes dans Shadow Creature. Inspecteur Crétin mène l’enquête alors que ce balourd à la tête vide ne parvient pas à réfléchir plus de 10 secondes d’affilées et préfère lire des BD dans sa voiture que d’enquêter. Bref, un flic bien comme on les aime, qui redore le blason d’une institution entière.

transformation en lézard humanoïde shadow creature film

Transfooooormation !

Bien entendu, pour accompagner l’Inspecteur Crétin, on a le Professeur Foldingue et son assistante dévouée, qui bidouillent des organismes modifiés finissent pas créer une bestiole sanguinaire et préfère laisser le lézard trucider à tour de bras que de trouver une solution. Pour épicer un peu le tout, on saupoudre l’histoire déjà bien fumeuse d’un maire mafieux qui se croit à Gotham City et ne sert à rien. 

Quand l’inspecteur crétin mène l’enquête

L’Inspecteur Crétin se met à pourchasser le terrible meurtrier et fini par découvrir qu’il s’agit d’une créature inconnue, un gros lézard gluant, amateur de cerveau, d’yeux et de trippes. Très vague cousin d’Alien, la bestiole semble être faite d’acide et décompose la chair humaine au simple toucher de ses patounes griffues. Les bastons avec la créature sont dignes des pires téléfilms, un bon mètre sépare l’assaillant de sa victime et la pantomime de l’agonie est tout à fait risible. 

En pourchassant la bestiole, la coéquipière de l’Inspecteur Crétin fini par lui servir de déjeuner. Après un vomito (running gag du film) devant ce spectacle, l’Inspecteur Crétin, remis de ses émotions, se fout royallement que sa coéquipière soit morte. Il ne pige même pas qu’il doit y avoir anguille sous roche puisque la bestiole qu’il a vu était vêtue d’une chemise et d’un jean, et qu’il est fort probable qu’il s’agisse d’un humain transformé. 

shadow creature l'amphibien tueur

On mange quoi ce soir ? Des tripes à la mode Cleveland !

Au fil son investigation inexistante, l’Inspecteur Crétin découvre que la créature serait issue d’un organisme que le professeur a synthétisé. En réalité, il lui aura suffit de demander pour que le professeur crache le morceau, et malgré la situation (le mec se la joue à la Frankenstein), le professeur n’est jamais inquiété par la police. Pratique.

La moule dévoreuse de chaire humaine

Alors que le Professeur Foldingue a laissé des inconnus se faire massacrer sans rien dire, il fini par cracher le morceau et indique qu’il ne faut pas tirer sur la bestiole car elle pourrait se transformer en arme chimique… ce qui s’avèrera être complètement zappé à la fin du film.

Très mal expliqué, on comprend que la moule zébrée combinée avec la lotion pour faire pousser les cheveux du Professeur Foldingue ne font pas bon ménage. La moule devient hyper agressive et mord le vendeur qui l’avait arrosé de lotion de perlimpinpin par inadvertance. Oui, tous les personnages de ce films sont hyper crétins, qui se trompe et fout du shampoing dans un bassin de moules ?

Pire encore, qui garde un bassin de moules zébrées interdites à la vente en plein milieu de son magasin ? Il ne manque plus qu’un néon au dessus de l’aquarium pour les signaler. Les moules deviennent de dangereux prédateurs et le vendeur en fait les frais.

shadow creature film policier débile

Inspecteur crétin découvre l’anatomie féminine

Un film plein de mauvais sentiments

L’inspecteur, au sommet de sa crétinerie, continue sa chasse et tabasse des suspects, laisse son arme sur le siège avant de sa voiture et menace des secrétaires avec son flingue. Quand il a une épiphanie, un « boing » retentissant digne d’un cartoon vient souligner son regard ahuri (à hurler de rires) et je ne parle même pas de son comportement quand il se retrouve en tête à tête avec une femme sur une merveilleuse musique d’ascenseur. La vue d’un soutient gorge le transforme en un Nicky Larson de bas étage. Ce type est censé sauver la ville du monstre.

Fort de dialogues débiles, sans queue ni tête qu’on retrouve à la pelle, Shadow Creature c’est aussi un moment de bons sentiments. Le sexisme primaire ultra affiché et hyper gênant d’une part dans la représentation de la femme (cliché de la laborantin sexy en talon minijupe, des décolletés à foisons etc) et surtout dans le rapport qu’entretiennent les hommes avec elles. « Tiens, en parlant de moule, en voici des fraîches ». Ultra gênant.

shadow creature les moules zébrées tueuses

Le sérum de vérité, c’est comme le Port-Salut, c’est marqué dessus.

Alors que les sont tous stupides, la créature elle devient tout d’un coup super intelligente. Quand le Professeur Foldingue perd la formule magique qui lui a permis de créer la bestiole (elle devait être sur un post-it à côté de son mot de passe d’ordinateur), l’unique hypothèse qu’il émet est que la créature l’a volé pour repeupler la planète de ses congénères. Notre bestiole se voit gratifier en deux deux d’un Bac+100 en biologie génétique (alors qu’il suffirait de plonger des humains dans un bac à moules plutôt que de les bouffer). Cohérence du scénario au summum.

Inspecteur Crétin VS Shadow Creature

C’est la fin, il n’y a plus de budget et plus de pellicule, alors il faut conclure. Le réalisateur a oublié depuis longtemps la moitié des indices qu’il a disséminé dans son film (comme le côté acide de la bestiole) et décide donc de passer à la bataille finale à grand coup d’électricité, ça tombe bien, il y a une véritable centrale au sous sol de l’université. 

Avec un fusil ionisateur (un genre de truc à la Ghostbuster), placé très subtilement au début du film, l’Inspecteur Crétin s’apprête à descendre la bête, mais se vautre, et tue un sbire du maire. No problemo. Crétinos a un nouveau plan. Qui ferait confiance à un abruti pareil avec un plan qui implique des lignes à haute tension alors qu’il n’y panne rien à rien depuis le début. Franchement, moi je ne serais pas chaude.

Shadow Creature film horreur

Ionisateur power ! A merde, j’ai pas dézingué le bon gus… pas d’chance.

D’ailleurs, ils ont raison, car après une bagarre nullissime entre le monstre grille sur place. C’est alors que le grand twist final arrive. On apprend que l’assistante du Professeur Foldingue n’est autre que sa défunte fille qu’il a fait revenir d’entre les morts en lui offrant l’immortalité. Plutôt dangereux comme scientifique, le mec se foire une fois sur deux et en beauté. Il arrive à créer un sérum d’immortalité pour sa fille du premier coup, mais quand il essaie de faire pousser des cheveux il se retrouve à donner vie au Godzilla des moules. 

Shadow Creature, le ridicule tue

Après une révélation aussi dramatique, c’est la fin du film, l’ouverture à de possible suite. Les moules tueuses sont distribuées gratos à l’animalerie. Toutes la ville est réunie pour récupérer sa moule gratuite (qui voudrait d’une seule et unique moule, même gratuite ?) et on sent planer le danger de la créature de l’ombre qui va envahir la ville.

Le film se conclu sur un très court « making off » humoristique parfaitement nul, qui est dix fois moins drôle que le film dans sa globalité. C’est quand même pas de bol d’en arriver là.

En bref, il film ultra brouillon parfois à la limite du compréhensible et totalement cliché où les personnages sont tous plus crétins les uns que les autres. Le spectateur aussi est pris pour un abruti, on nous explique tout ce qui est logique et visible à l’écran, par contre l’intrigue de base est à n’y rien comprendre. Les dialogues sont parfois à mourir de rire, involontairement bien sûr, et le doublage horrible n’entâche pas l’aspect comique de ce film Z (regardé au 15ème degré).

Shadow Creature (ou Cauchemar Sanglant)
Réalisateur : James Gribbins
Date : 1999
Acteur : Shane Minor, Tracy Godard, Denis Keefe, Scott Heim

Shadow Creature, l'attaque des moules tueuses [critique]
Beauté du scénario
What the fuck
Dialogues de folie
Effets spéciaux
Ridicule de situation
Jeu d'acteur
1.8Note Finale
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